L’ECLIPSE
Un film de Michelangelo Antonioni
Sortie en salles : 7 octobre 2026
1962 | France/Italie | Drame | 118 min | 1.85 | mono
NB | VOSTF | Visa n°25122
À Rome, Vittoria quitte un compagnon avec lequel elle ne partage plus rien. Lorsqu’elle rencontre Piero, un jeune agent de change ambitieux, une nouvelle relation semble possible. Mais dans un monde dominé par la vitesse, l’argent et les apparences, les sentiments peinent à trouver leur place.
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À propos du film
L’Éclipse est l’un des films les plus emblématiques du cinéma moderne européen et l’aboutissement de la célèbre trilogie de l’incommunicabilité réalisée par Michelangelo Antonioni après L’Avventura (1960) et La Nuit (1961). Sorti en 1962, le film réunit deux figures majeures du cinéma européen, Monica Vitti et Alain Delon, dans une œuvre qui a profondément marqué l’histoire du septième art. À travers une histoire d’amour fragile et insaisissable, Antonioni propose une réflexion saisissante sur la solitude, le désir et la difficulté des êtres à communiquer dans le monde moderne.
L’histoire débute lorsque Vittoria, une jeune femme en quête de sens, met fin à une relation qui ne lui apporte plus ni amour ni épanouissement. Peu après, elle rencontre Piero, un jeune agent de change ambitieux évoluant dans l’univers agité de la Bourse romaine. Entre attirance et distance, leur relation se construit dans l’incertitude. Plus qu’un récit sentimental, L’Éclipse explore les silences, les hésitations et les absences qui traversent les relations humaines.
Au début des années 1960, le cinéma européen connaît de profondes transformations. Les récits traditionnels laissent progressivement place à de nouvelles formes narratives, plus ouvertes, plus introspectives et plus audacieuses. Michelangelo Antonioni devient l’un des principaux représentants de cette modernité cinématographique. Avec L’Éclipse, il pousse encore plus loin son exploration des sentiments, du temps et de l’espace, en accordant autant d’importance aux lieux, aux regards et aux silences qu’aux dialogues eux-mêmes.
Le film occupe une place essentielle dans la carrière du réalisateur. Après L’Avventura et La Nuit, il approfondit les thèmes qui traversent toute son œuvre : l’incommunicabilité, le vide existentiel, la transformation des rapports humains et l’influence croissante du monde moderne sur les individus. Chez Antonioni, les personnages semblent constamment chercher un équilibre qu’ils ne parviennent jamais totalement à atteindre.
La présence de Monica Vitti confère au film une dimension particulière. Muse du réalisateur et figure centrale de son cinéma dans les années 1960, elle incarne avec une remarquable subtilité les doutes et les aspirations de Vittoria. Face à elle, Alain Delon apporte une présence élégante et magnétique qui renforce la tension émotionnelle du récit.
Le film est également remarquable par sa représentation de Rome. Antonioni filme la capitale italienne comme un espace en pleine mutation, marqué par l’urbanisation, l’architecture moderne et le développement économique. Les immeubles, les rues, les terrains vagues et les lieux de la spéculation financière deviennent les prolongements des états intérieurs des personnages. La ville n’est plus seulement un décor : elle participe pleinement à la narration.
La célèbre séquence finale demeure aujourd’hui l’un des moments les plus audacieux de l’histoire du cinéma. En faisant progressivement disparaître les personnages au profit des lieux qu’ils occupaient, Antonioni transforme l’absence elle-même en sujet de cinéma et signe l’une des conclusions les plus marquantes jamais filmées.
La ressortie du film aujourd’hui permet de redécouvrir une œuvre qui n’a rien perdu de sa force ni de sa modernité. Les questions qu’elle soulève — la solitude, les difficultés de communication, le sentiment de déconnexion dans un monde en perpétuelle accélération — trouvent un écho particulièrement fort auprès du public contemporain.
Dans un contexte où l’intérêt pour les grands classiques restaurés ne cesse de croître, L’Éclipse s’impose comme une œuvre essentielle du patrimoine cinématographique mondial. Sa beauté plastique, son audace formelle et la profondeur de son regard sur les relations humaines continuent de fasciner plus de soixante ans après sa réalisation.
À propos de Michelangelo Antonioni
Michelangelo Antonioni est l’un des réalisateurs les plus influents de l’histoire du cinéma. Né le 29 septembre 1912 à Ferrare et mort le 30 juillet 2007 à Rome, il a profondément renouvelé le langage cinématographique au cours du XXe siècle en développant une œuvre fondée sur l’observation des comportements humains, le temps, l’espace et le sentiment d’incommunicabilité.
Après des études d’économie, il débute comme critique de cinéma avant de se tourner vers la réalisation de documentaires puis de longs métrages. D’abord proche du néoréalisme italien, il s’en éloigne progressivement pour construire un style personnel centré sur les états psychologiques de ses personnages et les transformations du monde moderne.
Dans les années 1960, Antonioni s’impose comme l’une des figures majeures du cinéma d’auteur international grâce à des œuvres devenues incontournables telles que L’Avventura, La Nuit, L’Éclipse et Le Désert rouge. Son cinéma se distingue par son attention aux silences, aux espaces, aux architectures et à la manière dont les individus évoluent dans leur environnement.
Sa carrière prend une dimension mondiale avec Blow-Up, Palme d’or au Festival de Cannes en 1967, puis avec Zabriskie Point et Profession : reporter, porté par Jack Nicholson. Son influence s’étend bien au-delà du cinéma italien et inspire plusieurs générations de cinéastes à travers le monde.
Récompensé dans les plus grands festivals internationaux, Michelangelo Antonioni reçoit notamment un Oscar d’honneur en 1995 pour l’ensemble de sa carrière. Aujourd’hui encore, son œuvre demeure une référence essentielle du cinéma moderne et continue d’être étudiée pour sa richesse esthétique, sa profondeur philosophique et son exceptionnelle modernité.
Filmographie sélective
Années 1950 : les débuts
- Chronique d’un amour (1950)
- La Dame sans camélias (1953)
- Femmes entre elles (1955)
- Le Cri (1957)
Années 1960 : la consécration internationale
- L’Avventura (1960)
- La Nuit (1961)
- L’Éclipse (1962)
- Le Désert rouge (1964)
- Blow-Up (1966)
Années 1970 : l’ouverture internationale
- Zabriskie Point (1970)
- Chung Kuo, Chine (1972)
- Profession : reporter (1975)
Années 1980–1990
- Identification d’une femme (1982)
- Par-delà les nuages (1995)
Aujourd’hui, Michelangelo Antonioni est considéré comme l’un des grands maîtres du cinéma moderne. Son œuvre continue d’influencer le cinéma contemporain par sa liberté formelle, son exigence artistique et sa réflexion toujours actuelle sur la condition humaine.
À propos d’Alain Delon
Alain Delon (1935-2024) est l’une des plus grandes figures du cinéma français et l’un des acteurs européens les plus célèbres de la seconde moitié du XXe siècle. Né le 8 novembre 1935 à Sceaux, près de Paris, il connaît une jeunesse mouvementée avant de se tourner vers le cinéma à la fin des années 1950. Son charisme, sa beauté singulière et son intensité à l’écran lui permettent de s’imposer rapidement comme une star internationale.
Sa carrière prend son envol avec des réalisateurs majeurs tels que René Clément, Luchino Visconti et Michelangelo Antonioni. En 1960, il est révélé au public international par Plein Soleil, adaptation du roman de Patricia Highsmith. Il confirme ensuite son statut avec Rocco et ses frères et Le Guépard de Visconti, qui font de lui l’un des visages incontournables du cinéma européen.
Au fil des décennies, Alain Delon travaille avec les plus grands cinéastes, parmi lesquels Jean-Pierre Melville, Joseph Losey, Jacques Deray ou encore Louis Malle. Il excelle aussi bien dans les rôles de séducteurs que dans ceux de personnages ambigus, solitaires ou tragiques. Son interprétation dans Le Samouraï reste l’une des plus célèbres de l’histoire du cinéma français.
Dans L’Éclipse, il incarne Piero, un jeune agent de change séduisant et ambitieux, dont la relation avec Vittoria révèle les difficultés de communication et la fragilité des sentiments dans le monde moderne. Face à Monica Vitti, Delon compose un personnage à la fois attirant et insaisissable, parfaitement intégré à l’univers d’Antonioni.
Filmographie sélective
Années 1960
- Plein Soleil (1960) — René Clément
- Rocco et ses frères (1960) — Luchino Visconti
- L’Éclipse (1962) — Michelangelo Antonioni
- Le Guépard (1963) — Luchino Visconti
- Mélodie en sous-sol (1963) — Henri Verneuil
- Le Samouraï (1967) — Jean-Pierre Melville
- La Piscine (1969) — Jacques Deray
Années 1970
- Le Cercle rouge (1970) — Jean-Pierre Melville
- Borsalino (1970) — Jacques Deray
- Un flic (1972) — Jean-Pierre Melville
- Monsieur Klein (1976) — Joseph Losey
Années 1980–1990
- Trois hommes à abattre (1980) — Jacques Deray
- Notre histoire (1984) — Bertrand Blier
- Nouvelle Vague (1990) — Jean-Luc Godard
Récompensé tout au long de sa carrière, Alain Delon demeure aujourd’hui une icône du cinéma mondial. Son élégance, son magnétisme et la modernité de ses interprétations continuent d’influencer plusieurs générations d’acteurs.
À propos de Monica Vitti
Monica Vitti (1931-2022) est l’une des plus grandes actrices italiennes du XXe siècle et la muse incontournable de Michelangelo Antonioni. Née le 3 novembre 1931 à Rome, elle étudie à l’Académie nationale d’art dramatique avant de débuter au théâtre puis au cinéma. Son visage expressif, sa voix singulière et son jeu d’une grande subtilité en font rapidement une figure majeure du cinéma européen.
Sa rencontre avec Michelangelo Antonioni à la fin des années 1950 marque un tournant décisif dans sa carrière. Ensemble, ils donnent naissance à quelques-uns des films les plus importants du cinéma moderne. Avec L’Avventura, La Nuit, L’Éclipse et Le Désert rouge, Monica Vitti devient l’incarnation d’une nouvelle héroïne cinématographique : indépendante, complexe, traversée par le doute et le sentiment de solitude.
Dans les années 1960, son talent lui permet de dépasser le seul registre du cinéma d’auteur. Elle s’impose également dans la comédie italienne et travaille avec plusieurs grands réalisateurs, notamment Mario Monicelli, Ettore Scola et Dino Risi. Sa capacité à passer du drame existentiel à la comédie populaire fait d’elle une actrice particulièrement rare dans le paysage cinématographique italien.
Dans L’Éclipse, elle interprète Vittoria, une jeune femme en quête de sens qui peine à trouver sa place dans un monde en pleine mutation. Son jeu tout en retenue, fondé sur les silences, les regards et les gestes, constitue l’un des éléments essentiels de la force émotionnelle du film.
Filmographie sélective
Années 1960
- L’Avventura (1960) — Michelangelo Antonioni
- La Nuit (1961) — Michelangelo Antonioni
- L’Éclipse (1962) — Michelangelo Antonioni
- Le Désert rouge (1964) — Michelangelo Antonioni
- Modesty Blaise (1966) — Joseph Losey
- La Fille au pistolet (1968) — Mario Monicelli
Années 1970
- Drame de la jalousie (1970) — Ettore Scola
- Moi la femme (1971) — Mauro Bolognini, Luigi Comencini, Dino Risi, Ettore Scola et Franco Rossi
- Poussière d’étoiles (1973) — Alberto Sordi
Années 1980–1990
- Le Mystère d’Oberwald (1981) — Michelangelo Antonioni
- Scandale secret (1990) — Monica Vitti
Récompensée dans les plus grands festivals internationaux, Monica Vitti demeure aujourd’hui l’une des actrices les plus admirées de l’histoire du cinéma italien. Son association avec Antonioni a profondément marqué le cinéma moderne et continue d’inspirer cinéastes et spectateurs à travers le monde.