Love Story

Affiche Love Story
Synopsis

Un homme issu d'une famille aisée, étudiant en droit à Harvard, rencontre une jeune fille à la bibliothèque où elle travaille pour payer ses études. Malgré le fait qu'ils appartiennent à des classes sociales différentes leur amour devient plus fort que tout mais sera soumis aux épreuves de la vie...

LOVE STORY : universel et atemporel

Avec son titre concis et universel, Love Story a la belle simplicité des films de Claude Sautet. D'ailleurs, il aurait aussi pu s'appeler Les Choses de la vie ou Une histoire simple, justement. En modernisant le thème atemporel de Roméo et Juliette, Arthur Hiller et son scénariste Erich Segal réussissent le tour de force d'émouvoir le spectateur aux larmes, sans jamais verser dans le chantage affectif. Car ils ont su bâtir des personnages d'une troublante humanité auxquels on s'attache immédiatement. D'un côté, Oliver Barrett — quatrième du nom — est un de ces aristocrates de la Nouvelle-Angleterre qui a accepté de se conformer aux codes imposés par sa famille, mais qui finit par se rebeller contre l'ordre — trop — établi. De l'autre, Jennifer Cavilleri est une jeune fille brillante, mais issue d'un milieu populaire. Qui a dit que le cinéma américain n'abordait jamais la lutte des classes ? Comme La Fièvre dans le sang d'Elia Kazan dix ans plus tôt, Love Story montre avec subtilité que les préjugés sociaux ont la peau dure, y compris aux Etats-Unis… Scène admirable où Jennifer, après avoir rencontré les parents d'Oliver, dit à ce dernier qu'il veut sans doute l'épouser pour tenir tête à son père. Tour à tour sûr de lui et vulnérable, Ryan O'Neal incarne à merveille le jeune patricien qui remet en question son lourd héritage familial. Et dire que la production avait d'abord pensé confier le rôle à Michael York, Jon Voight, Beau Bridges, Michael Sarrazin et Michael Douglas qui le refusèrent tous ! Quant à Ali MacGraw, elle est si pétillante de naturel qu'elle nous manque longtemps après la projection. Il suffit d'ailleurs d'écouter quelques notes de la célèbre musique de Francis Lai pour avoir les larmes aux yeux… Produit avec très peu d'argent, le film a triomphé dans le monde entier et sauvé la Paramount d'une mauvaise passe financière.

Arthur Hiller, touche-à-tout de génie

Né au Canada en 1923, Arthur Hiller est pilote de chasse pendant la Seconde guerre mondiale, avant de faire ses débuts artistiques à la radio et à la télévision dans son pays d'origine.

Au milieu des années 50, il quitte le Canada pour aller travailler aux Etats-Unis où il réalise plusieurs épisodes de séries-culte, comme Alfred Hitchcock Presents.

En 1957, il signe son premier long métrage et s'impose avec Les Jeux de l'amour et de la guerre, en 1964, où il mêle la comédie satirique au film de guerre plus traditionnel.

En 1970, il triomphe au box-office mondial avec Love Story qui lui vaut une citation à l'Oscar.

Il touche à tous les genres, passant sans difficulté du polar (L'Hôpital, 1972) à la comédie sentimentale (Transamerica Express, 1976) et de la chronique douce-amère (Avec les compliments de l'auteur, 1982) au film engagé (Teachers, 1984).

Hiller aura dirigé les plus grands comédiens — Al Pacino, Nick Nolte, Morgan Freeman, Steve Martin, Gene Wilder — mais il aura surtout tissé une complicité avec George C. Scott, réputé pour son sale caractère…

En 1993, le cinéaste est nommé président de l'Academy of Motion Pictures and Sciences. Une consécration pour un réalisateur discret qui n'a pas toujours été reconnu à sa juste valeur.