SCHULTZE GETS THE BLUES

Affiche SCHULTZE GETS THE BLUES

Depuis la mort de sa femme, la vie de Schultze est encore plus monotone qu'avant. Dans la petite ville où il habite, après le travail à la mine, ses loisirs sont restreints : jardinage, pêche à la ligne et rencontres au bistrot avec ses collègues Manfred et Jürgen. Aussi, quand on lui annonce sa mise en retraite anticipée, c'est tout sauf une bonne nouvelle ! Mais une nuit d'insomnie, Schultze entend à la radio un air d'accordéon, dont il aime jouer à l'occasion, loin de son répertoire habituel de polka : il s'agit de zydeco, genre musical américain proche du cajun, dont il s'évertue désormais à arracher les mélodies de l'instrument hérité de son père.

 

 

Schultze Gets the Blues

Obèse condamné à la retraite anticipée dans une petite ville minière de Saxe-Anhalt, Schultze frise la déprime entre les visites à sa mère impotente, les tournées de bière avec les copains, ses pêches solitaires et les guinches tristes où il joue de la polka sur son accordéon.La soudaine découverte des rythmes blues du sud des Etats-Unis redonne un sens à sa vie. Décidé à ne pas "mourir en détresse", il n'a plus qu'une idée en tête : se rendre en Louisiane. Alternance de plans neurasthéniques recelant un aspect documentaire (terrils, maisons préfabriquées) et d'envolées épicées reflétant une folie douce (un médecin rêvant d'être chanteur d'opéra, une serveuse de bar se mettant à danser sur une table), cette sympathique balade parvient à se désengluer de la léthargie initiale de son personnage par un humour décalé à la Kaurismaki et par une réalisation soignée qui cultive discrètement (trop ?) l'euphorie.
Film allemand de Michael Schorr avec Horst Krause. (1 h 48.)

Jean-Luc Douin (LE MONDE)