Rétrospective F.J. OSSANG

Affiche Rétrospective F.J. OSSANG

À l'occasion de la sortie nationale du film

Dharma Guns

, Solaris Distribution organise une rétrospective de ses trois précédents longs métrages.

L'AFFAIRE DES DIVISIONS MORITURI

1984 - France

Visa 61 028

Durée : 81’

Image : N&B/Couleur — 1.66

Synopsis :

Une histoire de gladiateurs sur fond d’Affaire Allemande. Des mecs vendent cher leur peau au lieu de se laisser mourir sur le territoire contrôlé par la middle class européenne. L’un d’eux est devenu une sorte de star du souterrain, mais il finit par se briser. Plus qu’une issue : cracher le morceau à la presse…

Le film :

Objet filmique non identifié — c'est ainsi qu'on pourrait qualifier le premier long métrage qui débarque au festival de Cannes en 1985. Mais c'est aussi une fulgurance visuelle et sonore, tourné dans un noir et blanc volontairement "brut", qui révèle d'emblée un sens de l'image et du rythme qui tranche avec la sagesse habituelle du cinéma français. Cinéaste engagé et libertaire, tenté par les mouvements révolutionnaires comme la bande à Baader, Ossang signe ici un pamphlet politique cinglant, où des hommes d'affaires sans scrupules organisent de sanglants combats clandestins pour leur seul profit. Echappant totalement au jeune "cinéma d'auteur," le réalisateur transpose formidablement par le médium cinématographique la poésie ravageuse du punk. Comme si les Clash et les Sex Pistols réunis avaient tenu la caméra. Une œuvre inaugurale des plus prometteuses.

LE TR…SOR DES ÎLES CHIENNES

1990 - France/Portugal

Visa n° 67619

Durée : 109’

Image : Noir et blanc / Cinémascope

Synopsis :

L’ingénieur Aldellio a découvert la synthèse artificielle de deux substances fondamentales (le Stelin et le Skalt) permettant la production d’une énergie (l’Oréon). Grâce à cette découverte, l’équilibre mondial a été reconditionné. Quand débute le film, l’ingénieur a disparu avec le secret de transformation du ‘Stelinskalt’. Le consortium producteur de l’Oréon, la Kryo’ Corp, est au bord de la faillite. Et le monde à la frontière du chaos…

Le film :

Dans le monde post-apocalyptique dépeint par Ossang, les personnages sont en quête d'obscurs graals et cherchent à fuir leur condition actuelle. Faisant voler en éclats les genres les plus codifiés — fantastique, horreur et science-fiction —, Ossang sait mêler les références à l'expressionnisme et à la BD en un fascinant maelström d'images baroques.

[nggallery id=35]DOCTEUR CHANCE1997 - France/Chili

Visa n°87968

Durée

:

97’

Image : Couleur — 1.85

Synopsis :

Angstel attend Zelda devant un cinéma où l’on projette l’Aurore de Murnau - mais Zelda ne vient pas. Il voit alors sa dernière chance s’évanouir. Tout lui devient insupportable — ses amours ratées, son talent littéraire gâché, et la conviction d’être devenu étranger  à lui-même et au monde… C’est alors qu’il croise Ancetta, danseuse au Wasted.

Le film :

Dans ce capharnaüm artistique qui participe du plaisir gourmet du cinéaste, Ossang témoigne d'un goût irraisonné pour la musicalité du langage. D'où des dialogues qui semblent truffés de rimes, ce qui nous rappelle que le réalisateur est aussi poète. En restant dans ce registre ludique de l'énonciation, Ossang retrouve la magie obsolète des romans d'espionnage ou des BD de notre enfance. Il en va de même pour les noms de lieux, de personnages, évoquant de vieilles séries B, la littérature, ou le rock'n'roll, avec Vince Taylor, nom du personnage joué par Joe Strummer, idéal en aviateur rebelle, au franglais à couper au couteau. En effet, le vrai Vince Taylor, dont "l'anagramme est Victory Lane" (dixit Strummer dans le film), a réellement été pilote d'avion avant de devenir chanteur de série B. Puis il sombra dans l'oubli, non sans avoir servi de modèle au Ziggy Stardust de Bowie. Qui d'autre qu'Ossang pourrait encore se souvenir de cette légende ? L'aura du loser magnifique, pierre de touche du rock, plane sur cette épopée, bercée par les accents industriels de Messagero Killer Boy,  le propre groupe du cinéaste depuis 1980 , et quelques litanies idoines signées Nick Cave, le Gun Club ou les Stooges.

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